Temps partiel
Le travail à temps partiel, qui a explosé au cours des 20 dernières années, constitue aujourd’hui la discrimination la plus emblématique sur le marché de l’emploi. En 2005, 351000 femmes travaillaient à temps partiel contre 769000 hommes. Résultat : 82 % des personnes travaillant à temps partiel sont des femmes. Or travail à temps partiel signifie salaire partiel, chômage partiel et retraite partielle. Il concerne essentiellement des emplois à faible qualification et peu rémunérés, caractérisés par la flexibilité des conditions de travail et l’absence de perspectives d’évolution de carrières. Ainsi les salariés à temps partiels forment l’essentiel du contingent des travailleurs pauvres. L’argument de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale sert de toile de fond à la valorisation des temps partiels pour les femmes. C’est pourquoi la majorité d’entre elles « choisissent » cette forme d’emploi.
Pour les nouvelles générations, le développement de la féminisation du travail à temps partiel creuse les écarts de revenus entre les sexes. Ainsi, les hommes ayant commencé à travailler entre 1991 et 1992 gagnent 21,9 % de plus que les femmes, alors que ce différentiel était de 18 % pour ceux ayant débuté entre 1976 et 1980. Les inégalités se creusent donc de plus en plus entre hommes et femmes.